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TECHNO
La planche écologique est-elle
une tarte à la crème ?
Eno for Madebysurfers.com En
plein salon ASR 2004 à Anglet, l’Eurosima lançait un concours
d’innovation favorisant le développement de planches respectueuses
de l’environnement. En fait une manière de rattraper le train
des Surftech et de la technologie S-core de Salomon dont les
planches présentent quelques innovations dans ce domaine. Pour
autant, difficile de parler de planche écolo.
Quand on pose la question
à Michel Hoff, le distributeur de Surftech en Europe, le franc
tireur du surf bizness avoue ne pas être au courant des vertus
écologiques de ses planches. Idem pour Zaka, le shaper français
qui a participé à l’élaboration du S-Core de Salomon : l’objectif
était la performance, non le recyclage. Pourtant toutes deux
présentent quelques avantages par rapport aux planches traditionnelles.
Des pains recyclables
En premier lieu, l’utilisation
dans les deux cas du polystyrène à la place de la traditionnelle
mousse polyuréthane. Alors que les déchets de polyuréthane sont
incinérés, le polystyrène serait lui recyclable. Mieux, il n’y
a pas de déchets de shape avec Surftech, puisque la mousse est
pulvérisée dans un moule formé aux cotes de quelques stars du
shape. Chez Salomon, il s’agit en revanche de pré-shapes destinés
à être finis par des locaux, en fonction des vagues et des désirs
de l’acheteur. Certes elles génèrent quelques déchets de shape,
mais les S-Core s'inscrivent mieux dans une démarche
de développement durable. Car les Surftech sont entièrement
fabriquées dans des usines asiatiques, y compris la déco. De
sorte que cette techno menace tout simplement la survie des
artisans locaux : shapers, glasseurs, décorateurs. Sachant qu’on
l’attendait au coin du bois, Salomon a préféré préserver la
chaîne de production traditionnelle. Manque
la résine organique Autre
sujet de satisfaction a priori, l’utilisation de l’epoxy chez
les deux fabricants au lieu de la résine polyester. Elle ne
contient selon mes indics que 6% de solvants, contre 87% pour
la polyester. Or c’est ça qui pue pour l’environnement. Bémol
cependant, l’epoxy ne s’utilise qu’en lui ajoutant un tiers
de durcisseur, contre seulement 2 % pour la polyester. Donc
ça pue quand même, mais moins. On le voit, le sujet n’est pas
simple et il reste encore du chemin à parcourir pour parler
de planche écologique. Mais on se satisfait que les fabricants
en quête d’amélioration des performances aient tous deux abouti
à des planches effectivement moins nocives pour l’environnement.
Et plus solides (les surftech sont quasiment incassables), ce
qui augmente leur durée de vie et ça nous plait assez.
Le combat est ailleurs
Au-delà de ces mastodontes, saluons
l’initiative des bordelais de Bamboo surfboards, qui ont récupéré
le savoir faire de BSA (Bamboo Surfboards Australia) fondé
en Australie par le Dr. Shale Gordon. Le principe, remplacer
le tissus par de la fibre de bambou pour un style 100% naturel.
Chez eux aussi, le polystyrène extrudé et l’epoxy sont à l’honneur,
mais Sebastien Garnaud de Bamboo se refuse de parler de planche
écologique : « Si on arrive à passer à une résine végétale,
l’argument écologique sera valable. C’est pourquoi nous ne nous
présentons pas au contest de l’Eurosima. Et puis les surfers
se mettent à faire du Tow-in tirés par des jets skis, ou vont
surfer en voiture… Il y a bien plus à faire pour la préservation
de l’environnement en triant ses déchets ou en limitant sa consommation
d’énergie qu’en achetant une planche epoxy. » Au moins, c’est
clair. |
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